7ème Réunion du PDDAA : les parties prenantes réfléchissent sur leur responsabilité mutuelle
Par Roukiattou Ouédraogo
Plus de 260 délégués, en provenance de 27 pays sont mobilisés au chevet de l’agriculture africaine à Yaoundé, au Cameroun du 23 au 25 mars.
Réunis à l’occasion de La 7ème Réunion de la Plateforme de Partenariat du Programme Détaillé pour le Développement de l’Agriculture Africaine (PDDAA), ces représentants du secteur public, de la société civile et du secteur privé africains, passeront au peigne fin la problématique de « la responsabilité mutuelle dans la formulation et la mise en œuvre des plans d’investissement des pays membres du PDDAA».
Les travaux de cette réunion ont été officiellement lancés, ce mercredi 23 mars, dans la salle de conférence de l’Hôtel Hilton dans la belle cité des sept collines.
Cette cérémonie a enregistré la présence effective de hautes personnalités du Cameroun, des institutions de l’Union Africaine et des partenaires au développement de l’agriculture dont les portes paroles ont tour à tour délivré des messages de positionnement et d’engagement pour une agriculture africaine prospère.
Après avoir salué et souhaité la bienvenue aux participants, M Abebe Haile Gabriel, modérateur de la session a notifié que l’agriculture africaine vient de loin. « Même si nous sommes convaincus que nous sommes sur les rails avec la mise en œuvre du PDDAA, beaucoup reste à faire pour atteindre les objectifs visés par cette initiative » avoue t-il. Abebe Haile a par ailleurs, rappelé à l’assistance que cette réunion est un cadre d’échange, de partage d’expérience et le lieu pour débattre sur les perspectives du PDDAA. Cette initiative qui se veut par définition un partenariat ayant vocation à rassembler les acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux, et à mobiliser les efforts des partenaires internationaux à l’appui de l’agriculture du continent et autour d’une vision et d’une ambition commune pour l’Afrique.
La responsabilité des parties prenantes au cœur des débats
Le Directeur exécutif du PDDAA, M. Martin Bwalya, dans son mot de remarques liminaires dira qu’à l’ occasion de cette 7ième réunion du PDDAA, les discussions seront accentuées sur la problématique de la responsabilité mutuelle des parties prenantes pour un réel succès du processus.
Durant, les trois jours d’échange sur la revue mutuelle des progrès et le dialogue autour des défis et des perspectives, les acteurs s’engageront davantage pour savoir ce qu’il faut faire pour relever les nouveaux défis a-t-il précisé.
M. Bwalya a donc appelé les acteurs à associer leur énergies collectives et actions pour soutenir la mise en œuvre du programme qu’il coordonne. Il a terminé ces propos, en saluant vivement la bonne collaboration avec le gouvernement camerounais, dont l’implication a permit une bonne préparation de la rencontre.
Des Partenaires au développement fiers des succès du PDDAA
Les discours officiels ont été ouverts par Mme Sonja Palm, représentante de la coopération allemande, présidente du groupe des partenaires au développement engagé dans le processus du PDDAA. Sonja Palm, a souligné les progrès réels et concrets engrangés par le PDDAA au cours de l’année 2010.
A cet effet, elle a égrené une série de succès, dont on retient entre autre l’existence d’un dispositif fonctionnel qui consolide la culture de partenariat entre les différentes parties prenante du secteur agricole, la signature effective par 15 pays d’Afrique de l’Ouest du compact, faisant passer à 24 le nombre de pays signataires, 18 pays disposant de leur plan d’investissement et la participation de 12 pays à des business meeting.
Rappelant que 2011 est encore une nouvelle année de défis, la porte parole des partenaires au développement a souhaité que les acteurs engagés visent plus de résultats concrètes pour une transformation des différents plans en action afin de réduire durablement la pauvreté et l’insécurité alimentaire en Afrique.
Pour nous, plaida Mme Sonja, « Il s’agit maintenant de mettre l’accent sur la qualité des investissements à réaliser, de travailler à avoir des ressources humaines et financières pour une mise en œuvre efficace de ces plans, de promouvoir une coalition forte pour le changement avec plus de partenariat pour un changement durable » Elle a terminé ces propos, en réintégrant leurs engagements pour accompagner l’agriculture africaine pour le développement durable du continent.
Le PPDAA, un modèle de développement
Avant de livré son discours, Le Dr Ibrahima Assane Mayaki, Directeur Général, de l’agence de planification du NEPAD a quant à lui demandé une pensée pour le Japon. Il a souligné et notifié l’engagement du Japon dans les actions de développement en Afrique et particulièrement dans le domaine agricole.
Puis dans une allocution passionné et puissante, le Dr Mayaki a fait la genèse du PDDAA, et les logiques qui soutendent cette initiative comme modèle de développement. le PDDAA, lors de sa mise en place en 2003, rappela t-il avait pour mission de trouver des solutions aux problèmes du secteur agricole en de réduisant le déficit en matière de stratégie dans le secteur. C’est pourquoi, dira t-il que le PDDAA, n’est pas un processus sans fin, avec de la bureaucratie. « Mais plutôt un processus inclusif qui se matérialise par un processus de développement de l’Afrique basé sur l’agriculture ».
Il a interpellé chaque acteur sur la nécessité à respecter son rôle dans ce processus. Puis d’ajouter que les principaux acteurs principaux dans la mise en œuvre du PDDAA restent les communautés économiques régionales et les Etats africains. En tant que parties prenantes «n’oublions pas notre rôle fondamentale qui est de soutenir ce niveau régional et le niveau national à travers le renforcement du processus de ces deux acteurs » a-t-il demandé. le Dr Mayaki a à cet effet, prôné la culture de la transparence dans tous ces processus.
L’effort des états engagés reconnu
La commissaire à l’économie rurale et à l’agriculture, Mme Tumusiine Rhoda Peace à quant à elle encouragé les pays qui se sont engagé et investit dans le PDDAA. Elle a salué tous les pays qui ont signé le PDDAA et augmenté leur investissement public dans le secteur agricole d’au moins 10%. Ceci est la démonstration de la place centrale qu’occupe désormais l’agriculture et la recherche de la sécurité alimentaire dans l’agenda des décideurs africains s’est réjouit Mme Tumusiinne.
Pour elle, les communautés économiques régionales sont les piliers de la mise en œuvre de cette nouvelle vision de l’agriculture africaine. Reconnaissant la place des partenaires au développement dans le succès du processus, elle a salué leur engagement à accompagner cette vision de l’Afrique de faire de l’agriculture l’épine dorsale du développement du continent. Aujourd’hui dira t-elle la qualité des plans nationaux d’investissement agricole élaboré par les Etats permet à plusieurs d’entre eux de mobiliser des fonds auprès des fonds internationaux de lutte contre l’insécurité alimentaire. En se félicitant des partenariats développés autour du PDDAA, elle interpelle sur la nécessité de poursuivre la volonté au plus haut niveau. Mme Tusimine a également salué le caractère inclusif de ce processus qui implique dans sa mise en œuvre les OSC et le secteur privé. Si nous continuons à travailler ensemble nous allons relever le défi a-t-elle conclu.
Les autorités camerounaises manifestent leur engagement
Le mot de lancement officiel, a été livré par L’Honorable Victor Mengot, Ministre chargé de mission auprès de la Présidence camerounaise. Représentant son excellence Paul Biya, dans le comité de pilotage du NEPAD, il s’est réjouit du choix de son pays pour abriter cette réunion continentale. Pour le Ministre Mengot, cela vient conforter la détermination du Cameroun s’engager et à soutenir le processus. Aussi, ce programme du NEPAD, est en phase avec les axes stratégiques nationaux du gouvernement camerounais, toute chose qui démontre notre intérêt pour le processus lance t-il. Avant de déclarer ouvert les travaux, il a rendu un vibrant hommage au NEPAD et à l’Union Africaine pour leur engagement pour une Afrique prospère.




